Saint Vincent, avec passion…

Il a su gravir avec rigueur tous les échelons  étape par étape, et, monter dans la hiérarchie du monde de la restauration et du vin.
Pascal Carré avale en ce début d’année, plusieurs milliers de kilomètres: non pas pour améliorer sa géographie (quoique) mais pour dénicher, aux quatre coins de l’Europe, des bonnes adresses.
Dégustation souvent « à l’aveugle », découverte du viticulteur (celui qui produit le beau raisin), du vigneron (celui qui fabrique, met en bouteille et commercialise sa production) accord mets vin etc … Transition parfaite: aujourd’hui 22 janvier pour évoquer la Saint-Vincent, fête viticole, d’origine bourguignonne et qui se déroule en début d’année.

Dernièrement, j’ai eu l’occasion de réaliser un reportage photographique pour la Cave des Sommeliers installée à Habay en Belgique et Steinfort au GD Luxembourg. Animée, représentée et récompensée de nombreuses fois (troisième sommelier du monde quand-même !) par deux maitres: Pascal Carré et Aristide Spies, la cave organise de nombreuses dégustations et événements privés ou d’entreprises.
Découvrez quelques images de cette séance photo avec des ambiances, dégustations et portraits…
Merci à ce dynamique entrepreneur qui m’a permis de découvrir un métier passionnant: celui de mettre en valeur des artisans, des produits et des terroirs merveilleux.
Bonne fête à tous les Vincent de Bourgogne et d’ailleurs !

 

1 Passion

3 Générations

100 ans

 

 

Une nouvelle décennie tout juste entamée, une année qui s’ouvre, c’est l’occasion de revenir de notre anniversaire : les 100 ans de notre studio de photographie.

Cela valait bien un petit hommage: c’est fait ! voici ce témoignage. Je vous propose d’écouter cette longue histoire racontée par notre amie Anne Claire Delval.

Anne-Claire:

Je suis particulièrement heureuse de vous accueillir en cette fin d’après-midi très symbolique, puisque nous sommes au solstice d’hiver, qui annonce déjà le renouveau, le changement.
Un moment-clef dans une année, tout comme ce centenaire l’est dans une histoire. La vôtre.
Désormais 3 chiffres au compteur pour les Studios Photos Flamion que nous célébrons dans cette salle du Prieuré, lieu historique pour un événement qu’il l’est également.
Nous sommes à deux pas d’un église romane remarquable, qui domine les lieux, et que l’on aperçoit de loin, venant de Belgique ou du Luxembourg.
Nous sommes dans un haut-lieu des hauts fourneaux qui, eux encore, dominent le paysage d’une terre qui fut l’une des plus productives de France. Ce pays de la sidérurgie qui a presque le même âge que la photographie.
Nous sommes à quelques centaines de mètres de la rue Pasteur qui abrita le premier studio Flamion.
Nous sommes à 2,5 km de la Citadelle de Longwy qui veille sur l’actuel côté français et à 35 km environ du studio luxembourgeois, situé sur une avenue elle aussi chargée d’histoire, celle du Dix Septembre, date de la Libération du Grand-Duché en 1944.
Autant d’adresses symboliques, de beaux écrins donc, pour une famille animée depuis 100 ans par la passion du beau justement, de la mise en valeur, du témoignage, de la trace de ce qui est, mais vue à travers les yeux de ces artistes qu’ont été et sont encore Charles, Bernard et Vincent.

Je tenais à profiter de l’occasion qui m’est donnée (c’est-à-dire celle d’avoir le micro en mains) pour remercier Vincent de la confiance qu’il m’a accordée pour venir animer cet anniversaire. Il me permet de replonger dans ma passion d’ado pour la photo, dans mes premiers stages professionnels pour Kodak ou mes cours de prises de vue à l’université de Camdem aux USA ….
Et ce qui est amusant, c’est que notre rencontre s’est faite, un objectif entre nous !! Alors je peux témoigner de la qualité de son travail et vous assurer que la 1ère génération peut être fière de la 3ème : le flambeau brûle toujours, et aussi haut que les églises, les fourneaux, les citadelles qui veillent sur la région !

Être photographié, pour un homme public, c’est inclus dans le package de la fonction ! D’ailleurs, certains comme De Gaulle, Chirac ou Mitterrand ont été croqués par les Flamion (alors qu’ils venaient faire campagne ou mener sa première visite en province pour le second) parfois à l’insu de leur plein gré…
Oui, j’ai bien dit « croqué » et oui, je sais que Vincent ne parle pas d’art pour la photo, mais d’artisanat… Il rejoint en cela le point de vue de Sabine Weiss, photographe humaniste suisse, bientôt centenaire, elle aussi, qui dit que l’artiste ce n’est pas elle, mais son mari peintre, Hugh Weiss. Elle ne se définit que comme «l’artisan photographe», qui n’a pas vécu la photographie comme un art, mais comme un artisanat avec ses difficultés techniques, aujourd’hui simplifiées par le numérique.
Pourtant, notre ami Luc Schroeder vous dirait que ce sont bien des œuvres d’art qu’il expose et vend dans sa galerie, Mob Art Studio à Luxembourg !
En réalité, il n’y a pas de limite claire entre les deux, car l’art nécessite forcément un certain savoir-faire, qui est le propre de l’artisanat.
Si l’objet artisanal se doit d’obtenir quelque chose de parfait: un meuble, un instrument de musique, etc, l’imperfection n’enlève rien à l’œuvre, voire elle y ajoute quelque chose. Au fond, la différence entre les deux ne réside donc pas tant dans les outils ou dans le savoir-faire, mais dans l’intention qu’il y a derrière.
Voilà des questions pour le moins philosophiques et qui m’ont fait dévier… je parlais des hommes publics et il se trouve qu’il y en a dans la salle. Or la politique flirte avec la philosophie semble-t-il et vice-versa… n’est-ce pas M. le Maire ?
Et comme disait Machiavel dans son traité politique « Le Prince » : même si « Tout n’est pas politique, /…/la politique s’intéresse à tout. »
Dans un instant, Monsieur le Maire, vous interviendrez peut-être pour nous dire en quoi les clichés du photographe font part d’une réflexion sur la vie politique, puisqu’ils attirent notre attention et la retiennent en saisissant l’imperceptible. En effet, par son regard décalé, le photographe fait émerger une compréhension particulière de l’actualité et de ses enjeux.
Peut-être pour nous dire combien Longwy et Mont Saint-Martin peuvent s’enorgueillir d’héberger de tels talents (rappelons que les Flamion sont « MOF » depuis 2 générations) ? Eux qui laissent de précieuses traces de l’histoire locale et au-delà.
Peut-être pour célébrer ces commerces qui défient Internet et Amazon
Probablement pour rendre hommage à cette famille de passionnés et de légende.
Monsieur le Maire, je vous cède la parole…

Intervention de Monsieur Serge De Carli…

Un autre homme, voisin, également politicien puis qu’ancien député a un témoignage amical à nous offrir puisqu’il a suivi de près l’épopée Flamion…

Intervention de Jean- Paul Durieux…

Et puis comme les arts et les créations se mêlent, c’est au tour de Jeannot Zaipt de nous rejoindre pour déclamer ce qu’il avait envie de partager avec nous cet après-midi..

Intervention de Jeannot Zaipt…

Enfin, voici l’histoire de ce studio photo dont le fief était à 100 mètres d’ici…
L’histoire de Charles qui ouvrit sa boutique en 1919. Charles était un portraitiste. C’est-à-dire un de ceux qui succédèrent aux peintres d’antan, mais avec un matériel nouveau.
A l’époque, le travail se faisait à l’unité, il y avait une préparation, une véritable mise en scène qui donnait cet aspect un peu figé aux expressions et aux situations. C’était d’ailleurs lors de grandes occasions comme un mariage ou une communion qu’on allait se faire tirer le portrait !
Une seule plaque pour un cliché unique, pas de double, encore moins de reproduction, il fallait maîtriser son art et sa technique. Et pas de Photoshop non plus pour gommer une ride, amincir une cuisse…
Ces photographes, qui étaient d’ailleurs et avant tout des chimistes devaient être capables de développer ce que captaient leurs appareils si précieux et savoir jongler avec des sachets de magnésium pour déclencher ce fameux éclair faisant office de flash et dont le bruit résonne encore dans nos oreilles. Un réel danger dont beaucoup n’en sont pas sortis indemnes tant les risques de feu étaient conséquents.

L’histoire aussi de Juliette, la femme de Charles, la maman de Bernard, Madeleine et Pierre, qui, à la mort prématurée de son mari, a tenu la boutique tout en élevant ses enfants, sans compter les heures ni rechigner malgré des conditions de travail bien peu agréables. A l’époque, une grande partie du travail photo se faisait alors dans un laboratoire aux odeurs nauséabondes de produits chimiques et dans le noir complet pour le traitement des films. Au mieux, cela se passait sous un éclairage jaune/vert… rien qu’à l’évoquer, le haut-le-cœur nous guette !

L’histoire ensuite de Bernard, l’aîné, qui prend la relève du père aux côtés de sa maman tout d’abord, puis soutenu par Danie, son épouse, plus tard. Il sera le témoin actif du dedans, comme du dehors, des années prospères de la vallée industrielle qui va se métamorphoser pour accueillir tous les migrants attirés par ce qui fut un eldorado pour l’emploi. Il laissera des traces d’une vie locale riche et à laquelle succèdera une crise à la hauteur du crassier qui culminait à 70m, fierté de la région, ressemblant au Fuji Yama. Il sera le point de ralliement des mouvements sociaux des années 70. Bernard qui passera du magnésium à la lumière électrique, travaillera avec des appareils plus petits et plus maniables.

L’histoire de Danie, donc, personnage-clé de la famille, qui gérait le magasin et les fourneaux en même temps, véritable acrobatie quotidienne ! Une porte d’entrée commune aux clients et à la famille, pas toujours confortable. Mais comme dit son fils aîné, « c’est dans la contrainte que les choses se soudent et nous avons tous toujours gardé à l’esprit de faire passer le travail avant tout » ! D’ailleurs, même les plus jeunes en ont pris de la graine puisque Diane, la fille de Vincent disait à son Papa, il y a quelques semaines alors qu’il s’excusait de ne pas pouvoir assister aux portes ouvertes de son école pour des raisons professionnelles « Papa, ne t’en fais pas, le travail, c’est primordial ! ».
L’histoire de Vincent, justement, qui, dès son plus jeune âge, faisait déjà poser ses frères, sa sœur, ses cousines, son chien Norax.. Lui qui n’aimait pas l’école (qui le lui rendait bien d’ailleurs) devait avoir cette conviction profonde que non, il n’userait pas son pantalon sur les bancs de la fac. Pourtant, ses parents avaient bien tenté de le motiver en lui faisant miroiter un magnifique appareil s’il réussissait son bac. Un beau Nikon F2, acheté en deuxième main chez l’ami Bob Fransen, … une merveille. Vincent s’est donc empressé de… rater son bac ! Mais qu’à cela ne tienne, Bernard avait bien perçu le talent de son fils, alors autant le mettre à l’ouvrage de suite grâce à ce bel objet transitionnel !
Le petit ne décevra pas, il va endosser cet habit de reporter moderne et, lui aussi, s’adapter aux évolutions techniques puis technologiques qui vont fortement modifier la place de la photo et plus encore du photographe dans le paysage social. Affronter l’emballement numérique et garder pignon sur rue à l’heure du tout digital qui a rendu accessible le cliché au plus grand nombre, mais aussi jetable qu’une paire de bas, relève de la prouesse commerciale et humaine !
L’histoire de Maude, femme de Vincent, une aide précieuse et indispensable à l’équilibre familial et qui fête 1 double anniversaire aujourd’hui.
Qui donc mieux que ces mercenaires de la pellicule pour nous parler de leur parcours, nous raconter leurs anecdotes et retracer ce siècle de leur histoire, intimement liée à la nôtre, à nous tous qui aimons voir et revoir ces clichés, fragments de vie, de souvenirs et de mémoire.
Je vous invite donc à applaudir très chaleureusement, Bernard et Vincent Flamion, dignes représentants des 2ème et 3ème génération, tous deux MOF, je le rappelle, quelle fierté !
Merci de les encourager à monter sur scène et, pour une fois, être ceux qui s’exposent, ceux que l’on va photographier. Certes, cela leur est déjà arrivé, mais jamais pour fêter leurs 100 ans !!!!

Questions à Bernard et Vincent une fois sur scène…

Messieurs, merci d’accepter de répondre à mes questions de curieuse insatiable, de journaliste qui aime comprendre, de sophrologue qui écoute pour s’imprégner de l’histoire de ceux qu’elle reçoit.
de grande enfant qui aime les belles histoires et adore imaginer les scènes de cette famille qui habitait pour ainsi dire dans son magasin, à moins que ce ne soit le magasin qui se soit installé à leur domicile… aux jours de fête interrompus par les naufragés de la pellicule…

On attribue le premier portrait aux artistes de l’Ancien Empire égyptien (2700-2300av. J.-C.). Cependant il n’a pas le sens qu’on lui donne aujourd’hui puisqu’il était dédié aux morts et aux dieux, et n’était donc pas réalisé pour être vu par les vivants.
Bernard, vous avez aussi connu ces clichés post-mortem, pour le coup, destinés à laisser une trace… et si vous nous en disiez davantage ?

Comme représentante de la gent féminine, j’ai envie, pour le plaisir d’un instant fugace de gloire, que, Vincent, que vous nous racontiez ce que vous m’aviez confié concernant les pères…

Quel est votre plus ancien souvenir photographique ? Devant l’objectif tout d’abord et puis derrière… ? Comme je le fais souvent en sophrologie, j’aimerais vous demander ce que ces deux positions vous apportent ?

En regardant vers demain, quel avenir envisagez-vous pour le Studio, à l’heure où le numérique, voire l’intelligence artificielle, bouscule tout sur son passage, au point que certains smartphones haut de gamme sont capables de détecter automatiquement des scènes et même d’extrapoler des images ?

Quelle est la photo et/ou le sujet qui vous a le plus marqués ?
ICI : les 2 photos exposées

Messieurs, je suppose que vous ne me contredirez pas si j’affirme que l’entreprise familiale doit sa réussite à l’implication de chacun de ses membres, même s’il n’a pas passé pas son temps au studio ou derrière un objectif ?

Si nous laissions l’un d’entre eux nous donner sa vision (oui, c’est très amusant !!) des choses ? Je vous propose d’écouter religieusement (nous sommes dans un prieuré, je le rappelle) Florent Flamion.

Intervention de Florent Flamion

Au fond, c’est bien l’union de Bernard et Danie, de leurs enfants Vincent, Florent, Hélène et Jean-Charles ; puis celle de Vincent et de Maude et de leurs enfants Marcellin et Diane qui ont fait et font encore la force de cette centenaire en pleine santé ?
Et puis, il y a aussi les collaborateurs précieux et fidèles : Lydie, la sale manager tonique et joyeuse de Luxembourg et Thierry qui tient avec conviction et dévouement le magasin de Longwy.

Invitons-les à nous rejoindre sur scène pour être dignement remerciés et associés à cette belle cérémonie….

Merci à tous de nous avoir fait voyager au pays des Flamion, d’avoir ravivé des souvenirs et jeté un regard sur l’avenir.
Mesdames, Messieurs, merci pour votre fervente attention c’est ainsi que s’ouvre le prochain centenaire des Studios Flamion …

 

Présentation de Anne-Claire Delval    Communicante et sophrologue de formation, coordinatrice de Deep Balance

100  fois MERCI à tous nos clients avec lesquels nous avons tissé des liens, partagé des événements heureux et gardé des souvenirs précieux…

ils sont devenus au fil du temps des amis et nous sommes très chanceux de pouvoir construire l’avenir avec eux…

Bonne année 2020!

Avec Bernard mon papa (l’artiste de la famille) et Anne Claire Delval

Monsieur Serge de Carli sur scène porte un regard singulier sur nos 100ans.

Monsieur Jean-Paul Durieux, des mots justes. Sincère et émouvant !

Jeannot:un type super ! Merci

Florent qui sait nous faire rire !

Ma vie de photographe, je la dois à mes grands parents, mes parents ici sur la photo, mon épouse Maude et toute ma famille .

MERCI